15.02.2008

Villepin, Royal, Bayrou signent un appel "pour une vigilance républicaine"

Des personnalités se réclamant de "sensibilités très diverses", dont l'ex-Premier ministre (UMP) Dominique de Villepin, Ségolène Royal (PS) et François Bayrou (MoDem) signent "un appel du 14 février pour une vigilance républicaine" publié dans l'hebdomadaire Marianne.
Affirmant avoir "en commun un certain nombre de convictions et de valeurs", ils entendent notamment réaffirmer "leur attachement au principe républicain" et "leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective".
Ils rappellent également "leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante", "à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information" et enfin "à une politique étrangère digne, attachée à la défense des droits des peuples, soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXIe siècle".
Sans mentionner le nom de Nicolas Sarkozy, cet appel reprend nombre de critiques formulées contre le style de gouvernement ou les grands thèmes défendus par le chef de l'Etat, comme son discours sur la religion.
Parmi les dix-sept signataires, figurent des personnalités de presque tout l'échiquier politique comme le maire PS de Paris Bertrand Delanoë, l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement (MRC), les députés Arnaud Montebourg (PS), Noël Mamère (Verts), André Gérin (PCF), Jean-Pierre Brard (app-PCF), Nicolas Dupont-Aignan (souverainiste), ou Maurice Leroy (Nouveau centre).
Reconnaissant avoir "sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes", les signataires, en tête desquels figure l'ancien chef de cabinet du général de Gaulle, Pierre Lefranc, s'engagent "à défendre séparément ou ensemble ces impératifs comme toujours ce fut fait au cours de l'histoire de la République".


Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer.



- Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.

- Leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.

- Leur attachement à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information.

- Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.



Au-delà de leurs divergences, les soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de l'Histoire de la République.

Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du Général de Gaulle
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre
Ségolène Royal, ancien ministre, Présidente de la région Poitou-Charentes
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre
Corinne Lepage, ancienne ministre
Nicolas Dupont-AIgnan, député de l'Essonne
Bertrand Delanoë, maire de Paris
Maurice Leroy, député de Loir-et-Cher
Nöel Mamère, député de la Gironde
Jean-Christophe Lagarde, député de la Seine-Saint-Denis
Marielle de Sarnez, conseillère de Paris
André Gérin, député du Rhône
Arnaud Montebourg, député de la Saône-et-Loire
Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Loire
Jean-Pierre Brard, député de la Seine-Saint-Denis
Jean-Paul Bled, président des Cercles universitaires d'études et de recherches gauliennes

Signez la pétition

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14.02.2008

On ne peut pas "imposer la mémoire", selon Villepin

70ccb772e3253ba8afe60bc3db6907d5.jpgDominique de Villepin, ancien Premier ministre, a jugé jeudi 14 février qu'on ne peut pas "imposer la mémoire", à propos de l'initiative du chef de Nicolas Sarkozy de "confier la mémoire" d'un enfant victime de la Shoah à chaque élève de CM2.
"Je trouve que c'est une idée étrange. Je ne crois pas que l'on puisse imposer la mémoire, que l'on puisse la décréter ou légiférer dans ce domaine", a-t-il dit sur Radio Classique.
"Je crois par ailleurs que la charge de la mémoire d'un enfant mort, c'est quelque chose de très lourd à porter", a souligné Dominique de Villepin.

Gilles Moindrot, le secrétaire général du Snuipp-FSU, syndicat majoritaire chez les enseignants du primaire, a de son côté estimé que "confier la mémoire" d'un enfant victime de la Shoah à un élève de CM2 comportait des risques de "troubles psychologiques", tandis que le SE-Unsa s'est dit "particulièrement choqué" par l'initiative de Nicolas Sarkozy.
La proposititon du président pourrait avoir, selon Gilles Moindrot, "un effet contraire à l'objectif recherché".

Sentiment de culpabilité ou de responsabilité

"L'annonce du président de la République nous met mal à l'aise parce que faire que chaque élève de CM2 porte la mémoire d'un enfant de la Shoah peut entraîner des troubles psychologiques chez lui", a déclaré Gilles Moindrot à l'AFP. "Il y a le risque que cet enfant ou bien s'identifie, ou bien qu'il rejette cette identification, ou encore qu'il ait un sentiment de culpabilité ou de responsabilité pour le destin d'un élève duquel il n'est aucunement responsable".
Estimant qu'on "n'a pas à faire peser sur un élève de 11 ans la responsabilité de ce qui s'est passé à cette époque là", le secrétaire général du Snuipp-FSU a ajouté que "la charge émotionnelle peut avoir des conséquences négatives, surtout pour un élève en plein développement".

Annonce faite sans consultation

Il a regretté une "annonce faite sans aucune consultation des enseignants psychologues et les pédopsychiatres, alors que c'est un sujet sensible", précisant que "cela peut avoir un effet contraire à l'objectif recherché: un élève peut par exemple ne prendre en considération que le côté macabre.
Le président de la République ne fait pas preuve de grande prudence vis-à-vis de la psychologie des élèves de 10-11 ans".

"Nouvelle intrusion du politique dans le pédagogique"

De son côté, le syndicat SE-Unsa déclare dans un communiqué qu'il "est particulièrement choqué de cette initiative du président de la République, qui ignore tout de la façon dont un jeune se construit. Faut-il que chaque enfant de 10 ans se voie désormais personnellement chargé d'un lourd parrainage posthume ?".
Enseigner l'histoire de la Shoah est "une affaire de professionnels" pour le syndicat, qui rappelle qu'"éduquer ne saurait être qu'affaire d'émotion".
Le syndicat déplore enfin que le président "vienne se situer à nouveau sur ce terrain, après l'épisode de la lettre de Guy Môquet" et condamne "nouvelle intrusion du politique dans le pédagogique
".

11.02.2008

exclu: l'interview de David Martinon