31.01.2008

Traité de Lisbonne: 59% des Français pour un référendum

71% des électeurs de gauche sont pour le référendum. Le Parlement est convoqué lundi pour adopter la révision constitutionnelle préalable à la ratification du Traité

59% des Français sont favorables à un référendum pour ratifier le Traité de Lisbonne sur les institutions européennes, selon un sondage CSA pour l'Humanité Dimanche paraissant aujourd’hui.
33% se disent en revanche en faveur d'une ratification par le Parlement français, comme l'a décidé le président de la République, Nicolas Sarkozy. 8% des personnes interrogées ne se prononcent pas.

Un précédent sondage CSA réalisé sur le même sujet en octobre 2007 donnait 61% en faveur d'un référendum et 31% pour la ratification par voie parlementaire.

Ce sont les électeurs de gauche qui se montrent les plus favorables à un référendum (71% contre 22% pour la voie parlementaire), tandis que ceux de droite sont beaucoup plus partagés (47% pour un référendum, 48% pour la voie parlementaire). Les sympathisants du Modem optent majoritairement pour une ratification par les électeurs (60% contre 36%).

Sondage réalisé par téléphone les 23 et 24 janvier auprès d'un échantillon national représentatif de 960 personnes âgées de 18 ans et plus (méthode des quotas).

30.01.2008

Dupont-Aignan contre le «coup d'Etat simplifié» de Sarkozy

A l'occasion de son livre Le coup d'Etat simplifié, à paraître le 24 janvier aux édition du Rocher, le député gaulliste Nicolas Dupont-Aignan revient sur la façon dont Sarkozy a étouffé l'option référendaire et nier le débat sur l'Europe.


A paraître aux éditions du Rocher, le 24 janvier 2008.
A paraître aux éditions du Rocher, le 24 janvier 2008.
Extrait 1 : Une entaille dans la souveraineté nationale

En 1998, Jean-Claude Barreau publiait un livre intitulé Le coup d'Etat invisible, où il écrivait : « Dans le nouvel ordre européen, les élections au suffrage universel dans le cadre national sont donc bien devenues des « pièges à cons » puisque les citoyens élisent des députés qui ne font plus la loi. […] Le drame c'est qu'à cause d'une propagande insistante, universelle et habile, les citoyens n'ont pas réellement conscience de ce putsch masqué. […] L'Europe est ainsi devenue le grand alibi, le suprême espoir d'une caste qui ne réussit plus à gouverner la Nation, mais déploie en revanche une énergie sans faille pour construire une Europe imaginaire. »

Charge salutaire contre la démolition à petits pas, mais avec les apparences de la légalité, de la démocratie française par la faute de la discrète abdication de ses propres élites, ce livre choc n'a pas, dix ans plus tard, pris une ride. Ou plutôt si, une seule : avec l'incroyable affaire du traité européen « simplifié » que Nicolas Sarkozy fait approuver, le coup d'Etat n'est plus invisible. Sans complexe depuis qu'il a berné l'électorat populaire, le président de la République demande au Parlement de ratifier un traité refusé par le peuple deux ans auparavant. Et pour la première fois depuis la Libération, des dispositions institutionnelles majeures ne seront pas soumises au peuple français. La représentation parlementaire, dans un silence organisé, entame profondément la souveraineté nationale dont le peuple est pourtant le seul détenteur.

Il est vrai que depuis la douche froide du référendum sur Maastricht en 1992, l'abandon de la souveraineté française aux autorités administratives bruxelloises s'était opéré le plus possible dans le respect apparent des formes de la démocratie et de la République, mais sans plus demander son avis au peuple. C'est la raison qui explique la voie parlementaire pour la ratification des traités d'Amsterdam et Nice. Mais ces deux traités, qui ont certes provoqué de nouveaux et graves abandons de souveraineté (je les ai combattus), demeuraient encore trop timides et timorés au regard de l'objectif final des européistes d'instaurer un super-Etat intégré, bâti sur la démolition définitive des démocraties nationales. Ils ne permirent en somme qu'une victoire limitée et partielle contre la liberté des peuples, renvoyant toujours à plus tard une offensive décisive qu'on ne savait pas comment déclencher sans qu'elle apparaisse au grand jour pour ce qu'elle était en réalité. L'éternelle et lancinante hésitation devant le Rubicon…


Extrait 2 : Le traité de Lisbonne, si différent que ça du Traité constitutionnel ?

On pourra difficilement douter de la similitude entre ce traité et la Constitution Giscard. Seuls les dirigeants du Parti Socialiste français soulignent ses prétendues insuffisances pour minimiser le fait qu'ils vont laisser ratifier par le Parlement, au mépris de leurs promesses, ce que le suffrage universel a refusé. Mais pour l'ensemble des observateurs, ces traités sont identiques.

A commencer par ses inspirateurs ou signataires :

Valéry Giscard d'Estaing : « Le nouveau texte ne devait pas ressembler trop au traité constitutionnel. Les gouvernements européens se sont ainsi mis d'accord sur des changements cosmétiques à la Constitution pour qu'elle soit plus facile à avaler. » Audition au Parlement européen, 17 juillet 2007

Angela Merkel : « La substance de la Constitution est maintenue. C'est un fait. » The Daily Telegraph, 29 juin 2007

Jose Luis Zapatero : « Nous n'avons pas abandonné un seul point essentiel de la Constitution… C'est sans aucun doute bien plus qu'un traité. C'est un projet de caractère fondateur, un traité pour une nouvelle Europe. » Discours du 27 juin 2007

Valéry Giscard d'Estaing encore : « Une dernière trouvaille consiste à vouloir conserver une partie des innovations du Traité constitutionnel, et à les camoufler en les faisant éclater en plusieurs textes. Les dispositions les plus innovantes feraient l'objet de simples amendements aux traités de Maastricht et de Nice. Les améliorations techniques seraient regroupées dans un Traité devenu incolore et indolore. L'ensemble de ces textes serait adressé aux Parlements, qui se prononceraient par des votes séparés. Ainsi l'opinion publique serait-elle conduite à adopter, sans le savoir, les dispositions que l'on n'ose pas lui présenter "en direct". » Le Monde, 14 juin 2007 et Sunday Telegraph, 1er juillet 2007.

En conclusion, on voit combien le « succès » attribué à Nicolas Sarkozy est en réalité celui d'une oligarchie européenne qui n'a rien lâché sur le contenu de la Constitution européenne, aidée en cela par l'Allemagne et la Grande-Bretagne qui ont habilement manœuvré pour promouvoir leurs propres intérêts. Ainsi, si on a accusé pendant deux ans la France de vouloir imposer sa vision des choses à l'Europe, c'était en réalité, tout au contraire, pour mieux permettre à d'autres de lui imposer la sienne, au prix d'un reniement complet.


Extrait 3 : Les responsabilités du Parti socialiste

En 2007, le coup d'Etat simplifié de Nicolas Sarkozy attaque lui aussi la démocratie dans son point faible, ses élites. Les corps constitués, les institutions qui devraient la défendre, soit resteront l'arme au pied, soit se comporteront en 5ème colonne ouvrant le passage à l'assaillant.

On vient de le voir, les médias en font partie puisque, relayant par complaisance le discours dominant qui sème la confusion, ils ont en même temps abdiqué leur mission de « 4ème pouvoir », de contre-pouvoir face à un club de dirigeants français et européens qui prétendent dicter leur loi au peuple. Car à la différence de mai 1940, on assiste moins aujourd'hui à un affrontement entre l'Allemagne et la France qu'à une tentative de mise au pas des peuples par leurs élites.

Mais que dire des partis de gouvernement engagés il y a encore quelques mois dans une campagne présidentielle où les engagements européens ne manquèrent pas ?!

Le Parti Socialiste est la seule force politique parlementaire à pouvoir s'opposer efficacement au coup d'Etat simplifié. Tout devrait l'y pousser : un électorat majoritairement hostile aux dérives de l'Union européenne, la promesse de sa candidate à l'élection présidentielle d'organiser un nouveau référendum, un statut d'opposant qui ne peut que l'inciter à résister au pouvoir en place et plus encore à ses abus, une identité politique qui gagnerait, au-delà de la question européenne, à se refonder autour de la défense d'une démocratie effectivement en péril.

Pourtant, c'est avec soulagement sinon enthousiasme que les élus du PS, toute honte bue, voteront très majoritairement la révision constitutionnelle et la ratification de la Constitution-bis de Nicolas Sarkozy.

Pourquoi ce qu'il faut bien appeler une telle trahison ? Les arguments invoqués sonnent aussi faux que ceux des partisans de la ratification parlementaire, ils sont même parfois identiques ! Ainsi François Hollande, qui affirme que les Français ne souhaitent pas de référendum puisqu'ils ont élu Nicolas Sarkozy à l'Elysée, lequel aurait annoncé la couleur à propos de la ratification parlementaire. Mais à cette aune, pourquoi ne pas voter toutes les réformes soutenues par la majorité ? Mieux, pourquoi ne pas proposer la création d'un parti unique regroupant la gauche et la droite qui soutiendrait tous les futurs présidents de la République, quel que soit leur bord ? C'est se moquer du monde… On entend aussi que le fond (le traité) doit l'emporter sur la forme (son mode de ratification), que le PS doit préserver son unité (laquelle a de nouveau volé en éclats lors de son Bureau National consacré à la question), qu'il doit contribuer à sortir l'Europe de la crise,…

La manière dont Ségolène Royal a retourné sa veste, moins de six mois après avoir fait campagne pour un nouveau référendum, fut à cet égard d'un mépris et d'une lâcheté comme on n'en avait pas vu depuis des décennies : au milieu d'une interview fleuve accordée au quotidien Libération, lequel se garda bien de lui poser des questions qui fâchent, celle qui se voyait avant mai 2007 comme une sorte de nouvelle Jeanne d'Arc ou l'Evita Perron de l'Hexagone, explique en trois coups de cuillère à pot qu'il « vaut mieux un compromis plutôt que rien. L'intégration de la Charte européenne des droits fondamentaux est une avancée très importante. C'est pourquoi nous devons faire bloc avec les socialistes portugais, espagnols, allemands et les autres, et adopter ce texte au plus vite pour passer à l'étape suivante : la préparation du traité social. La question de la procédure d'adoption, parlementaire ou référendaire, n'est plus une question de principe. Nous n'avons pas de temps à perdre à nous diviser. » Ces affirmations à la sauvette, cœur de cette interview enrobé dans plus de trois pages consacrées à sa stratégie de conquête du PS et d'alliance avec François Bayrou, sont un tissu de mensonge et de reniement. De quelle « intégration de la Charte » parle-t-elle, cette dernière étant déjà inscrite dans la Constitution Giscard rejetée en 2005 ? Quel est donc ce « compromis » par lequel 90 à 100% du précédent traité se retrouve dans le texte signé à Lisbonne ? Quant à la tarte à la crème du « traité social », s'imagine-t-elle que ses électeurs sont à ce point des imbéciles ou des amnésiques qu'ils en auraient oublié qu'on les balade depuis 15 ans très exactement avec cette mauvaise plaisanterie ? Quelle ignominie de résumer l'existence, ou non, de la démocratie dans notre pays à une simple question de « procédure d'adoption » (« d'adoption » bien sûr, pas le choix !), à une simple « question de principe qui n'en est plus une » (on se demande bien pourquoi) relégable au deuxième ou troisième plan derrière l'unité prétendument retrouvée du Parti Socialiste ! Enfin, le devoir de celui ou celle qui brigue la charge suprême de la République est-il de « faire bloc avec les socialistes portugais, espagnols et allemands » ou avec… le peuple français ?


Extrait 4 : L'Europe, un plan B avec les Etats-Nations ?

Sauf à considérer que la France est une notion dépassée, l'Europe ne doit servir à faire à plusieurs, avec un minimum de contrainte, que ce que l'on ferait moins bien tout seul et ce, bien sûr, sans jamais sacrifier ses intérêts supérieurs (à commencer par la souveraineté nationale). L'erreur fondamentale de l'actuelle construction européenne est de poser des objectifs abstraits ou irréalisables, puis d'imposer des politiques à marche forcée pour les atteindre artificiellement. Construire la seule Europe qui soit vraiment réaliste impliquera de rompre absolument avec cet état d'esprit idéologique et vaniteux, qui prétend faire abstraction des réalités tangibles et sensibles pour créer au forceps une nation improbable (à tout le moins). Quand comprendra-t-on que « construire l'Europe » au détriment des nations, c'est en fin de compte se priver et des nations et de l'Europe ?

Le temps paraît donc venu de sortir de l'impasse communautaire actuelle (niveleuse, impotente et moins-disante) pour choisir clairement entre un fédéralisme franc - qui se donnerait les moyens d'une réelle solidarité continentale mais reste invraisemblable politiquement - et une nouvelle construction européenne respectueuse des nations, qui soit à la fois plus réaliste dans sa finalité, plus ambitieuse dans son contenu et plus souple dans ses modalités.

Quant à la finalité, posons d'emblée que l'objet de toute coopération européenne véritablement démocratique et réaliste doit être de rapprocher progressivement les peuples européens au travers de partenariats solides et librement consentis, mais sans jamais leur ôter leur personnalité propre. La défense affirmée des intérêts nationaux (plutôt que la recherche contrainte d'un improbable compromis par le bas) devrait permettre d'avancer de manière solide et assumée, sans drame ni tension excessive. Promouvoir l'Europe sur une telle base, c'est ainsi donner un chance supplémentaire à chacun des peuples qui la forme et c'est la seule manière de bâtir une « Europe-puissance » qui, en aucun cas, ne peut reposer sur des nations affaiblies, contraintes d'assumer des responsabilités mondiales dont elles ne voudraient pas ou à l'inverse obligées d'y renoncer pour complaire aux Etats-Unis.

Nouveau spot pub de La société générale

26.01.2008

le programme télé

25.01.2008

Sarko: super menteur!

Europe : le président Sarkozy se souvient-il du ministre Sarkozy?

Dans une quinzaine de jours - le 4 février - c'est donc par la voie parlementaire, le Congrès (la réunion des sénateurs et des députés à Versailles) que la France va ratifier le nouveau traité européen et non par la voie d'un référendum.

Une simple vidéo de dix neuf secondes (mise sur Dailymotion par buzzeclair) dit tout de l'ampleur du reniement de Nicolas Sarkozy. Ces images, datant du 9 mai 2004, sont issues d'une intervention sur l'Europe lors d'un conseil national de l'UMP. Nicolas Sarkozy est alors ministre d'État, ministre de l'Économie, des finances et de l'industrie.

Ci-dessous en CAPITALES et en gras deux petites différences intéressantes entre le discours écrit (dont vous trouverez l'intégrale ) et le discours prononcé par le ministre.

Les rajouts à l'oral ne sont pas du tout anodins...

L'Europe c'est le partage CONSENTI d'une souveraineté. ET La souveraineté c'est le peuple. A chaque grande étape de l'intégration Européenne, il faut donc solliciter l'avis du peuple. SINON NOUS NOUS COUPERONS DU PEUPLE.

CQFD !

PS (sic) : Il va de soi que les tergiversations des socialistes sont tout aussi pathétiques.

 

18.01.2008

Faute de socialistes, les internautes de gauche iront à Versailles !

5c3216de59a1a4890357d83cc9d1fd43.jpgOutrés par le refus de soumettre le traité de Lisbonne au suffrage populaire, une bande de sans-culottes du web décide de manifester physiquement sa désapprobation lors du Congrès du 4 février.

 


Besancenot en a rêvé, le web l'a fait ! Le site « tous à Versailles le 4 février 2008 », qui relaie depuis un mois la plupart des informations sur la mobilisation de l'extrême-gauche contre la ratification du traité de Lisbonne par voie parlementaire, appelle à l'action collective. Une action quasi spontanée, qui se dessine peu à peu au gré des commentaires et pourrait donner, le 4 février prochain, une vraie manifestation populaire aux abords du Château, où sera discutée la révision de la Constitution, préalable à l'adoption du nouveau texte européen.

 

16.01.2008

Exclusif : la photo de la future première dame de France à l'Elysée

Quatre consonnes et trois voyelles, c’est le prénom de Nicolas…
Je le toise du bout des hanches, je lui murmure des mots d’amour, mais il doit sautiller pour me répondre…Mouarf.
Je sais c’est pas bien de ce moquer, mais c’etait trop tentant!

 

Interview de NDA à France Soir

5e60aea5be91694a6895caf31cd99d34.jpg

France SOIR – 16 janvier 2008

Nicolas DUPONT-AIGNAN, député-maire d’Yerres

« La révolte du peuple sera terrible »

Propos recueillis par Thomas de Rochechouart L’Assemblée nationale a rejeté hier la voie du référendum pour la ratification du traité de Lisbonne. A la grande colère de Nicolas Dupont-Aignan, député non-inscrit et ex-partisan du non, qui publie Le Coup d’Etat simplifié (éd. du Rocher).

France Soir. Pourquoi dénoncer un « coup d’Etat simplifié » ?

Nicolas DUPONT-AIGNAN. Sans consulter le peuple, on s’apprête à priver la France de sa souveraineté. C’est un véritable déni de démocratie car le texte est la copie conforme de la Constitution que le peuple a rejetée en 2005 par référendum. En fait, une partie de la classe politique ne veut surtout pas consulter les Français et cherche à leur imposer une mauvaise façon de faire l’Europe, qui sera très lourde de conséquences en termes de pouvoir d’achat, de délocalisations et d’inégalités dans les prochaines années… Tout a été préparé dès le lendemain du rejet du référendum pour culpabiliser les citoyens de leur vote. Avec Nicolas Sarkozy, on s’apprête aujourd’hui à leur imposer un traité qui n’a rien de « simplifié », ni de « mini ». C’est une folie pour l’Europe, que l’on construit sur le viol du peuple.

Avez-vous encore espoir de faire barrage au texte ?

L’UMP n’a pas la majorité des trois cinquièmes pour modifier la Constitution. Avec les quelques gaullistes qui restent, les souverainistes et les communistes, les socialistes pourraient, s’ils le voulaient, bloquer la machine. Malheureusement, ils ne semblent pas en prendre le chemin… Au fond d’eux-mêmes, une partie des élus français croient impossible de changer la marche de l’Europe, et ont plié devant le diktat des autres pays qui veulent une zone de libre-échange et une défense européenne sous la direction de l’Otan.

Eprouvez-vous de l’amertume face à cette situation ?

Dans l’indifférence médiatique générale, une classe politique inconsciente est en train de réduire à peu de chose les pouvoirs du Parlement français. En vertu du traité de Lisbonne, la France pourra être mise en minorité à Bruxelles sur des sujets décisifs comme les négociations à l’OMC pour les agriculteurs, le contrôle des frontières… Les beaux discours de Nicolas Sarkozy pendant la campagne sur les délocalisations, la valeur de l’euro, l’immigration trop forte, n’auront servi à rien. Le Président et la majorité se condamnent à regarder passer les trains. La révolte du peuple sera terrible car on se moque de lui.

Pourquoi la classe politique se résignerait-elle à céder une partie de ses pouvoirs à Bruxelles ? Cela semble entrer en contradiction avec la réforme souhaitée par Nicolas Sarkozy pour renforcer les pouvoirs du président de la République…

Moins les chefs d’Etat ont de pouvoir face à la mondialisation et l’Europe supranationale, plus ils ont la volonté de tout contrôler dans le moindre détail, au niveau national. Et à partir du moment où on a moins d’influence sur les choses, on met en avant sa vie privée et on amuse la galerie avec des peccadilles. Cela évite de parler d’Airbus qui s’apprête à construire des avions hors de France. Le président de la République est finalement en train de ramener son rôle à celui joué par la famille royale en Angleterre !

 

140 députés pour le référendum

Ils ont été 140 députés à soutenir la proposition communiste d'un référendum sur le traité de Lisbonne. 140 contre 176. C'est dire que ces 140 ont fait mieux que «les 80», qui, le 10 juilet 1940, ont refusé de voter les pleins pouvoirs à Pétain. Ils ont sauvé l'honneur de la démocratie et, soit dit en passant, l'honneur de la gauche.
 Gloire à ses braves !
 

Si les principaux dirigeants du PS ne s'étaient pas résignés à l'adoption parlementaire du traité de Lisbonne, il eut été possible d'imposer le référendum et d'infliger un désaveu mérité à Nicolas Sarkozy. Ne voit-on pas en effet Mme Merkel se déclarer très sceptique quant à une réunion, cet été, des pays de l'euroland à propos de l'euro ?
Ces réticences allemandes mettent d'autant plus en valeur la faute commise par le président de la République en ne s'appuyant pas sur le Non français du 29 mai 205 pour renégocier la politique monétaire européenne.

2 députés UMP ont voté contre : MM. Franck Marlin et Jacques Myard.

51 députés PS ont voté contre : MM. Jean Paul Bacquet, Gérard Bapt, Claude Bartolone, Jacques Bascou, Christian Bataille, Thierry Carcenac, Bernard Cazeneuve, Jean Paul Chanteguet, Pierre Cohen, Frédéric Cuvillier, Marc Dolez, Jean Pierre Dufau, Jean Louis Dumont, Jean Paul Dupré, Christian Eckert, Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Mme Martine Faure, MM. Michel Françaix, Jean Claude Fruteau, Jean Glavany, Daniel Goldberg, Christian Hutin, Mme Françoise Imbert, MM. Serge Janquin, Régis Juanico, Mmes Marietta Karamanli, Conchita Lacuey, MM. Jérôme Lambert, Jean Launay, Jean Yves Le Bouillonnec, Mme Catherine Lemorton, MM. Jean Claude Leroy, Serge Letchimy, Jean Mallot, Mme Marie Lou Marcel, MM. Philippe Martin, Jean Michel, Arnaud Montebourg, Alain Néri, Christian Paul, Jean Claude Perez, Philippe Plisson, Mmes Marie Line Reynaud, Chantal Robin Rodrigo, M. Patrick Roy, Mme Odile Saugues, MM. Michel Vauzelle, Michel Vergnier, Alain Vidalies et Jean Michel Villaumé.

21 députés communistes ont voté contre : Mme Marie Hélène Amiable, M. François Asensi, Mmes Huguette Bello, Martine Billard, MM. Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean Pierre Brard, Mme Marie George Buffet, MM. Jean Jacques Candelier, André Chassaigne, Jacques Desallangre, Mme Jacqueline Fraysse, MM. André Gerin, Pierre Gosnat, Maxime Gremetz, Jean Paul Lecoq, Alfred Marie Jeanne, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean Claude Sandrier et Michel Vaxès.

3 députés non-inscrits ont voté contre : Mme Véronique Besse, MM. Nicolas Dupont Aignan et François Xavier Villain.


SARKOZY SE MOQUE D’ACT UP

Trois militants d’Act up arrêtés lors du discours de Sarkozy alors qu’ils tentaient de protester contre un candidat UMP, condamné pour homophobie, qui se présente aux municipales de Tourcoing

Présent lors du Conseil National de l’UMP samedi dernier, où Nicolas Sarkozy recevait son « ami » Tony Blair je n’avais pas bien compris l’action de quelques militants d’Act up. En plein discours du Président Sarkozy, trois militants énervés s’étaient levés dans les tribunes réservés à la presse, hurlant des slogans inaudibles et brandissant des pancartes pas très lisibles. Vite ceinturés et muselés par le service d’ordre, ils furent évacués de la salle sous les moqueries du Président Français.


Après le meeting j’apprenais que les militants avaient été placés en garde à vue et qu’ils protestaient en fait contre l’investiture par l’UMP du tristement célèbre, Christian Vanneste aux prochaines élections municipales de Tourcoing.

Voici l’histoire :Christian Vanneste déclarait en 2006 que l’homosexualité était « inférieure à l’hétérosexualité », et que si « on la poussait à l’universel », elle serait « dangereuse pour l’humanité ».

Ces propos avait valu à Christian Vanneste une condamnation du tribunal correctionnel de Lille pour homophobie, en janvier 2006, peine qui s’était vue confirmée en appel un an plus tard. Nicolas Sarkozy avait à l’époque condamné « fermement », et l’UMP décidé de ne pas investir Vanneste aux législatives. C’est « la plus grande sanction de sa famille politique » avait alors répondu Luc Chatel, porte parole de l’UMP, à ceux qui réclamaient son exclusion pure et simple du parti. Dont acte.
Seulement voilà, c’est bien sous l’étiquette CNI-UMP qu’il s’est présenté dans le Nord en juin dernier
.

Et plus important, il a gagné. Or le parti, qui ambitionne de ravir au PS la tête de la Communauté Urbaine de Lille, a fait de la prise de la Mairie de Tourcoing un enjeu majeur des municipales dans le Nord.

Plus question alors de s’encombrer de l’homophobie du candidat et de la parole donnée, c’est sans complexe que l’UMP choisit Vanneste pour cette mission. Lors du Conseil National de ce week end, c’est sans complexe que Sarkozy lance avec mépris, « ça fait des années qu’ils protestent et ça ne sert à rien », « il n’en ont trouvé que 2, dans un pays de 64 millions d’habitants, y’a plus que ça ! »…

A gauche, la porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée, Aurélie Filippetti se déclare scandalisée. « Il est inadmissible que des responsables politiques condamnés pour des propos homophobes, puissent encore prétendre, dans notre pays, à un mandat politique », et elle poursuit à propos de l’incident qui a eu lieu lors du Conseil National de l’UMP, « je suis extrêmement choquée aussi que le Président de la république ait cru bon d’humilier des militants d’Act up qui l’interpellaient ».

La députée de Moselle s’indigne également de ce que le secrétaire général adjoint de l’UMP, Dominique Paillé, puisse aujourd’hui louer « les qualités d’homme, les convictions personnelles, l’énergie et la clairvoyance » d’un homophobe avéré, condamné et désavoué par la classe politique. L’argument de Paillé ? « Les électeurs de Tourcoing lui ont renouvelé leur confiance très largement lors des législatives. » Il a été condamné ? « Le juge en matière électorale, ce sont les électeurs. »
Peut être ces derniers l’entendront-ils en mars.

 

Toutes les notes