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05.12.2007
Airbus délocalise à cause de l'euro cher

Louis Gallois, président exécutif d'EADS, maison mère d'Airbus, a confirmé hier son projet de délocaliser une partie de la production de l'avionneur européen en zone dollar pour faire face au niveau élevé de l'euro face à la monnaie américaine.
Concernant les délocalisations en zone dollar, «je crois malheureusement qu'il ne faut plus employer le conditionnel : il ne faut pas dire il faudrait, il faut dire il faudra, parce que nous n'avons pas le choix», a-t-il dit sur Europe 1.
Le niveau du dollar face à l'euro «est le principal problème pour nous» et «le seul moyen de préparer l'entreprise à un dollar que plus personne ne maîtrise, c'est de s'installer malheureusement en zone dollar», a-t-il ajouté.
Interrogé sur la possibilité de vendre ses avions en euros, Louis Gallois a jugé l'idée impossible car «nos clients ne le veulent pas» et «ça ne changerait pas totalement les choses parce que nous payons nos personnels en euros et (l'américain) Boeing paie les siens en dollars».
Quant au projet de vente de sites industriels en cours, Louis Gallois a déclaré que « la baisse du dollar ne facilite pas les choses». «Nous sommes en train de discuter avec les repreneurs possibles » a-t-il ajouté.
Les dégâts de l'euro fort
Cela dit, la hausse de l'euro précipite un mouvement de délocalisations déjà en marche dans l'aéronautique. Car le dollar est la monnaie unique de l'aéronautique mondiale, mais Airbus paie ses salariés en euros. Et aujourd'hui un euro équivaut à un dollar cinquante. Il faut serrer au plus juste les prix des avions, et donc leur coût -un schéma classique dans l'industrie.
L'aéronautique avait plutôt été épargnée car les pièces réclament une haute technolgie et des ouvriers très pointus. Mais les pays à bas coûts de salaires ont désormais cette technologie et les formations qui vont avec.

Depuis plus de dix ans, les gros sous-traitants d'Airbus ont des ateliers en Pologne ou au Maroc. Et puis il y a les contreparties : On vend des avions à ces pays et en échange, on leur achète du travail. Les Chinois vont ainsi assembler dans leurs usines les A320 qu'ils nout ont achetés.
Et ils sont associés au futur avion tout composite : l'A350. Ils auront 5% de fabrication. Même part pour la Russie, dont la banque nationale, comme par hasard, est récemment entrée dans le capital d'Airbus. Les futurs Airbus seront plus mondiaux et moins européens, ce qui ne sera pas sans conséquence sur l'emploi.
03:56 Publié dans actu politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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