Pour The Economist, le « nouveau » traité n'a rien de nouveau puisqu'il reprend le texte de l'ancienne constitution. La seule différence serait son appellation de « traité ». « This is a farce » ajoute l'éditorialiste ; en français, un raté. Le nouveau traité était censé simplifier l'architecture de l'Union et rendre intelligible le texte, or ce serait tout l'inverse. La complexité du texte (240 pages quand même) ne serait d'ailleurs pas un accident, « it is its raison d'être » : elle justifierait une ratification rapide par les Parlements nationaux, sans risquer le référendum.
Car il s'agit bien d'un risque pour les gouvernants européens qui veulent voir le traité appliqué dans les plus brefs délais. Le risque que le peuple rejette, par référendum, le texte comme en 2005. Mais cette excuse n'en est pas une pour une institution comme l'Europe qui manque de légitimité et de crédibilité. Pour justifier ce manquement à la démocratie, The Economist souligne deux arguments contradictoires. D'abord, le traité de Lisbonne serait un grand pas en avant pour les membres de l'Union ; et, en même temps, le texte en soi aurait peu d'importance et permettrait uniquement de pouvoir être plus efficace sur les enjeux réels de l'Europe.
Bons points
Le traité modifié comporte, cependant, quelques avantages selon l'hebdomadaire. Il ne crée pas un super-Etat et il contient des modifications utiles : une rotation de la présidence de l'Union plus rapide, un seul chef de la politique extérieur de l'Union et un système de vote plus simple.
The Economist précise que si le nouveau traité reprend les grandes lignes de l'ancienne Constitution, l'Union européenne peut vivre sans. Notamment pour les Anglais qui seraient les moins affectés par le texte. L'éditorialiste termine en disant que ratifié, le traité permettrait de s'occuper plus concrètement des vrais enjeux de l'Union mais que, malgré l'appellation nouvelle de traité, il s'agit tout bonnement de l'ancienne constitution. Le vrai danger pour les Anglais serait alors de rejeter le traité après que d'autres pays l'aient accepté ou de ne pas avoir de référendum et de voir grandir, au sein du pays, un mouvement anti-européen. « Better to have a vote now » conclut-il.
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