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25.10.2007

L'UMP, le cabinet bis du Président

9854cf4eb93b8e5847b81d039f37f9f4.jpgL'UMP, un parti godillot ? Mieux que ça : en quelques mois, il s'est transformé en groupe de conseil parallèle de Nicolas Sarkozy

« Le président garde toujours une main sur la maison UMP. » La phrase est signée Dominique Paillé, secrétaire général adjoint de l'UMP… et conseiller de l'Elysée. Cette double casquette résume à elle seule le nouveau visage de l'UMP : un cabinet parallèle pour Nicolas Sarkozy sous les atours d'un parti classique.

Depuis le congrès du 6 octobre, la structure s'est stabilisée autour du conseil national muni de trois vice-présidents (Jean-Pierre Raffarin, Pierre Méhaignerie et Jean-Claude Gaudin) et du secrétariat général, mené par Patrick Devedjian assisté de Dominique Paillé et du député Philippe Cochet.
7fe832d8e10051fb1eff2fce62ed1138.jpg Une organisation « bicéphale » qui ne trompe personne : la direction, « c'est au cinquième » répond-on sans hésiter au siège du parti, là où Patrick Devedjian a repris le bureau de Nicolas Sarkozy.
Ce même 6 octobre, le secrétaire général avait par ailleurs laissé entendre que le président de la République passerait lors d'un conseil national. Promesse tenue dimanche 21 octobre, et qui a été mise sur le compte du désarroi du Président après l'annonce de son divorce.

Mission « déminage »

Objet de cette visite : l'argumentaire que le parti doit présenter en faveur du traité simplifié. Car le nouveau mot d'ordre de l'UMP est « déminer » ! « L'UMP accompagne le président et le gouvernement, explique Sabine Deroche, nouvelle responsable du pôle communication. Il constitue une force de proposition qui travaille en amont des réformes.
» En clair, le parti écarte les peaux de bananes sur lesquelles pourraient glisser Sarkozy et ses ministres.
b91104beb55955d3c4709d787b8054a9.jpg Dans cette entreprise, le service des études est mis à contribution. L'idée de transformer la « TVA sociale » en « TVA pouvoir d'achat » ? L'œuvre de Jérôme Charetier, député du Val d'Oise. Parmi les autres sujets « à déminer », on trouve la réforme des institutions (Philippe Houillon) et celle des retraites (Bérangère Poletti).

Autre refrain : « l'UMP doit être un parti de débat. » Une mission difficilement conciliable avec le soutien aux réformes.
L'agenda du conseil national prévoit de nombreux « forums régionaux » en vue des municipales, avec un gros effort sur le grand ouest. Dans cette région, les fameux « débats » serviront surtout à motiver les troupes et préparer les candidats pour arrêter l'érosion électorale de la droite, comme l'explique en substance un cadre du parti.

Le service « après-ouverture »


e1f7826a0777503c5d225682732f2809.jpgMais en plus de dégager la voix aux réformes, l'UMP est aussi chargé de rattraper les bourdes. Suite au « dégueulasse » dont Fadela Amara avait giflé l'amendement Mariani sur les tests ADN, la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville a été invitée à un petit-déjeuner à l'UMP. Pour lui passer un savon ou « pour apprendre à se connaître », comme le répétaient les cadres du parti aux caméras venues en nombre ? Cette invitation, quelques jours seulement après la sortie de la nouvelle venue, ne serait qu'une « coïncidence ».
bdfbbc94e7e5cfaaae225189dffe75b2.jpg Les coïncidences se multiplient donc puisque Martin Hirsch (qui s'était également prononcé contre l'amendement Mariani) sera à son tour invité à « apprendre à connaître l'UMP » lundi 29 octobre, suivi de Bernard Laporte (sans doute pour refroidir ses casseroles fiscales). Quand il a pris l'UMP, Nicolas Sarkozy avait promis de la démocratiser. A l'arrivée, son parti est digne… du RPR de Charles Pasqua !

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