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08.10.2007

L'Allemagne torpille la France

a05c0416c7b4f674c040e214c03d8b23.jpgL'Allemagne a contré les efforts de la France pour rallier ses partenaires européens à son combat contre l'euro fort, quelques jours avant la réunion des sept pays les plus industrialisés du monde.

Les ministres des Finances de la zone euro se réunissent au moment où la devise européenne s'est installée au-dessus de la barre de 1,40 dollar, ce qui fait souffrir les exportateurs européens.

Pour la France, comme pour de nombreux autres pays de la zone, il est temps d'aller au-delà de la ritournelle sur l'indésirable "volatilité excessive" des taux changes avant la réunion des ministres des Finances du G7 et de leurs banquiers centraux prévue entre le 19 et le 21 octobre à Washington.

aa465e3899b3716d105aeea686295b17.gif"Lundi soir, c'est le grand moment", a souligné un responsable français. "Si nous parvenons à toucher la bonne corde - avec les Européens unis sur le diagnostic, la communication et la nécessité d'agir -, (le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude) Trichet aura une main beaucoup plus forte pour aller à Washington."

La France est suivie par exemple par le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, qui disait jusqu'à présent préférer un euro fort à un euro faible, ou des pays comme l'Italie ou la Belgique, eux aussi préoccupés.

"Je n'accepterai plus que l'on considère comme normal le fait que l'Europe accepte de gérer à ses propres dépens les conséquences des déséquilibres mondiaux existants", a estimé Juncker il y a quelques jours en visant le déficit commercial américain rendu finançable par un dollar faible.

Pour une fois unis, la Confédération européenne des syndicats et BusinessEurope, le patronat européen, ont estimé de concert que le niveau de l'euro affectait les entreprises.

FORTE OPPOSITION NORDIQUE

Mais cette coalition se heurte à une opposition et notamment celle de l'Allemagne. Peer Steinbruck, le ministre allemand des Finances, a fait savoir qu'il n'était pas du tout préoccupé par la hausse de l'euro.

cf4181c424070985a93321bc9308c080.jpg"Je préfère un euro fort à un euro faible", a-t-il déclaré à son arrivée à Luxembourg. "J'adore le cash et un euro fort", a-t-il ajouté en riant.

"Je suis content de la force de l'économie européenne et je pense que c'est aussi la raison pour laquelle (elle) peut supporter une situation comme celle-là", a renchéri le ministre autrichien des Finances, Wilhelm Molterer.

Son homologue néerlandais est allé encore plus loin.

"Toute l'idée de l'union monétaire, c'était de créer un euro fort", a-t-il dit en estimant que c'était une "bonne nouvelle."

Lors d'une conférence lundi matin à Bruxelles, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, s'est contenté de dire que sa position n'avait pas changé.

fda6292377ca6b451bb08f9df90ab8e4.jpgLa dernière fois qu'il s'est exprimé, la semaine dernière, il a répété que les autorités américaines s'étaient clairement prononcées pour un dollar fort, que le yen devait refléter les fondamentaux économiques solides du Japon et que les monnaies comme le yuan chinois devaient être plus souples.

Le débat devrait déboucher sur un consensus a minima qui ne risque guère d'augmenter la pression sur Washington au G7.

Le ministre espagnol des Finances, Pedro Solbes, a d'ailleurs annoncé qu'il n'était pas prévu de publier un communiqué de l'Eurogroupe lundi soir en tentant de présenter les choses de manière positive: "Ce n'est pas nécessaire", a-t-il dit.

Dans ces conditions, le G7, qui regroupe les ministres des Finances et les banquiers centraux des Etats-Unis, du Canada, du Japon, de France, d'Allemagne, de Grande-Bretagne et d'Italie, ne devrait pas non plus déboucher sur un communication très neuve, d'autant plus que Londres veut une ligne douce.

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