05.10.2007

Trichet enfonce la France

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Malgré la crise,

 la BCE ne veut pas

 baisser ses taux

La Banque centrale européenne (BCE) n'a pas suivi son homologue américaine qui a récemment réduit ses taux d'intérêt. Malgré les craintes de ralentissement économique dans la zone euro, la crise financière et la force de la devise européenne qui handicape les exportations, la BCE a décidé, jeudi 4 octobre, lors de sa réunion mensuelle, à Vienne en Autriche, de conserver son principal taux directeur à 4 %, mais aussi son scénario économique.

Celui d'une "croissance soutenue", grâce à la vigueur économique des pays émergents. Son président, Jean-Claude Trichet, reconnaît toutefois qu'il existe un risque d'essoufflement, notamment en raison d'un effet négatif de la crise des crédits hypothécaires américains "sur la confiance et sur les conditions de financement", des "pressions protectionnistes et perturbations que pourraient susciter les déséquilibres mondiaux", et des "nouvelles hausses des prix du pétrole et des matières premières".

6957b6cec24a43837af4402851ae9c20.jpgMalgré ces incertitudes sur la croissance, M. Trichet a tenu à rappeler que "notre premier objectif est la stabilité des prix à moyen et à long terme" - gage de "prospérité économique" -, et à ce sujet, "les risques (...) sont en hausse".

La BCE voit l'inflation s'installer à plus de 2 % - son seuil de tolérance maximum - jusqu'au début de 2008, avant une modération. "Nous sommes entrés dans une période où les effets défavorables des prix de l'énergie vont avoir un fort impact sur la progression annuelle des prix à la consommation", a estimé M. Trichet.

D'éventuelles hausses des prix de l'énergie et des matières agricoles mais également des prix administrés pourraient aussi, selon la BCE, faire remonter encore l'inflation. "Nous sommes prêts à agir pour ancrer les anticipations" d'inflation, a répété plusieurs fois M. Trichet, ajoutant : "Mais nous devons avoir plus d'informations pour savoir si oui et quand on doit contrecarrer" les risques. En d'autres termes, la BCE a toujours en tête l'éventualité d'une hausse des taux une fois la tempête financière passée.

Mais pour le moment, l'incertitude sur l'ensemble du scénario a augmenté. La BCE doit "recueillir des informations supplémentaires et examiner de nouvelles données avant de réévaluer les implications pour la politique monétaire", a déclaré M. Trichet.

Il a constaté qu'il existe toujours des tensions sur le marché monétaire où les banques se prêtent de l'argent entre elles. M. Trichet a aussi indiqué que l'enquête menée par la BCE montre que les établissements bancaires avaient nettement resserré leurs conditions de prêts aux ménages et aux entreprises.

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Quant à l'euro fort, M. Trichet a rappelé que "le taux de change (était) une question très importante qui (nécessitait) une discipline verbale" et qu'il existait en Europe un endroit pour s'exprimer : le sommet du G7 dont le communiqué "cristallise" l'opinion de tous.

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