03.10.2007

EADS: la vrai affaire Clearstream

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 Villepin veut  une

enquête sur la

caisse noir d’EADS

Selon l'ancien premier ministre, au moins « 3 millions d’euros » auraient été versés à un cabinet anglais, une dépense « en relation directe avec l’affaire Clearstream ».

Dominique de Villepin vient une nouvelle fois d’écrire aux deux juges de l’affaire Clearstream. Dans ces notes dont le Figaro a pu prendre connaissance l’ancien Premier ministre demande l’audition d’Arnaud Lagardère co-président du conseil d’administration d’EADS, de Philippe Camus l’ancien co-président d’EADS et Pierre Leroy, l’ex secrétaire génal du groupe aéronautique.

Dominique de Villepin et ses conseils justifient cette requête par « le budget très important » dont disposait Jean-Louis Gergorin au sein d’EADS. Il écrit également qu’au moins « 3 millions d’euros » auraient été versés à un cabinet anglais, une dépense « en relation directe avec l’affaire Clearstream ».
 

Dominique de Villepin demande aux juges Henri Pons et Jean-Marie d’Huy de déterminer qui avait le contrôle de ces sommes spécialement allouées à Jean-Louis Gergorin et si ces montants étaient officiellement justifiés au sein du groupe EADS. En clair, l’ex Premier ministre sollicite des investigations judiciaires sur une éventuelle « caisse noire » dont Jean-Louis Gergorin aurait eu la haute main.

Par ailleurs l’ancien chef du gouvernement demande aux magistrats de procéder à une confrontation entre lui et Jean-Louis Gergorin dont les déclarations sur leur rôle dans l’affaire Clearstream sont largement divergentes.

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EADS : le scandale est officiel, Lagardère et Breton épinglés

 

Cette fois-ci, l'Autorité des marchés financiers a « fait le job » qu'on attend d'elle : la note dont le quotidien Le Figaro s'est fait l'écho mercredi 3 octobre, met en cause l'ensemble de l'état-major d'EADS, à l'exception notable du Président d'EADS Louis Gallois. Elle jette aussi un regard cru sur le rôle de Thierry Breton, qui avait succédé à Nicolas Sarkozy à Bercy.

Total du butin : 90 millions d'euros ! En droit, cela s'appelle un délit d'initié, et cela amène ceux qui en sont convaincus au pénal avec le risque de peines de prison avec sursis. AU total, 1200 cadres seraient concernés ! mais l'AMF a choisi de concentrer ses tirs sur les plus hauts dirigeants.

L'extrait de la note interne à Bercy est, à elle seule, un énorme scandale dans le scandale :
« Nous avons conclu après cette réunion qu'EADS allait traverser une zone de turbulences et qu'en conséquence, il était opportun pour l'Etat de profiter de la valorisation du titre de l'époque qui n'intégrait que les nouvelles positives de l'exercice écoulé et de proposer au ministre une cession partielle de la participation de l'Etat. » Traduction pour le commun des mortels : non seulement l'Etat agit comme un actionnaire privé veillant à ses intérêts à court terme au détriment de l'intérêt stratégique de l'entreprise, mais en plus il est prêt pour cela à transgresser la loi !

On notera d'abord que la note de l'AMF ne fait que confirmer ce qui se disait depuis fort longtemps dans l'entourage de Sarkozy. Ce n'est pas pour rien que le président a semblé prendre ses distances avec celui qui l'appelle « son frère », notamment après que ce dernier ait été entendu le 28 mai, 9 heures durant, par les fins limiers de l'AMF.

Il reste à deviner comment va réagir l'Etat-actionnaire au sein d'EADS : Nicolas Sarkozy a une occasion unique d'éloigner Arnaud Lagardère d'une entreprise et d'un secteur qui ne l'a jamais intéressé.Et de montrer que les discours vitupérant d'Henri Guaino contre les « patrons-voyous » durant la campagne valaient engagement présidentiel.

Arnaud Lagardère a de son côté fait savoir en fin de matinée qu'il portait plainte contre Le Figaro.


 

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