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26.09.2007

Connaissez-vous la SPA, Sarkozy Press Agency ?

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Composée d'étudiants en journalisme ou de sciences-po, la cellule de veille d'actualité qui officie à l'Elysée a été réorganisée par Nicolas Sarkozy dès son arrivée. Elle permet au président de réagir au quart de tour à la moindre information et d'inonder les rédactions de communiqués divers. Une improbable « agence de contenus » au service du seul et unique sujet « Sarkozy ».

 Balayé l'amateurisme des débuts, il entend désormais « inonder les rédactions ». La communication tous azimuts omniprésente et déferlante doit reléguer aux oubliettes l'économie de la parole présidentielle et les relations presse d'antan.

L'idée ? Installer une véritable « mini-rédaction » à l'Elysée chargée de prémâcher le travail des journalistes. Ce qui est fait-et par les siens, n'est plus à faire par d'autres. C'est ce qu'on appelle à L'Elysée : la professionnalisation de la communication. 

Emmanuelle Mignon directrice du cabinet du président « il y avait une cellule de permanence chargée de collecter les informations, surveiller l'actualité pour permettre au service de communication de réagir ou alerter le président sur des évènements importants. Le travail était réalisé par des appelés du contingent. J'ai réorganisé cette cellule de permanence pour en faire un outil beaucoup plus professionnel, plus réactif et opérationnel comme c'est le cas place Beauvau ».

Et ce temps « gagné » par les journalistes à diffuser complaisamment une parole présidentielle livrée clés en mains est autant de temps perdu pour l'analyse, la critique, l'enquête ou encore la prise en compte d'une parole d'opposition etc.
Face à la déferlante, les journalistes, un temps submergés, commencent à s'interroger mais comme son nom l'indique trop bien la « cellule de permanence » produit 24 heures sur 24
. Le prochain communiqué de la Présidence de la République –ou le suivant- retiendra bien l'attention quelque part. Communiquez, communiquez, il en restera toujours quelque chose…
 

Etudiants venus de sciences-po, de facultés parisiennes ou encore d'écoles de journalisme, rémunérés 2000 euros par mois et embauchés pour 18 mois, ils sont huit à travailler dans la nouvelle « SPA » du président.

La mission de ces drôles de « veilleurs » : permettre au président de réagir plus vite que son ombre. Mais pourquoi donc avoir fait appel à des étudiants tous susceptibles de s'orienter vers le journalisme ? Emmanuelle Mignon répond, faussement candide : « c'est un job génial pour eux, intéressant, intuitif, tout en étant à l'Elysée, ça leur permet d'avoir une première expérience professionnelle ». Sûr qu'ils se souviendront plus tard de qui leur a mis le pied à l'étrier… 

Et d'évidence la cellule est efficace, chaque jour les journalistes sont bombardés de mails venant de la présidence de la république, l'un pour commenter le décès d'une célébrité (oups, Jacques Martin…), l'autre commenter un fait diver(une spécialité du service) ou annoncer un déplacement. Une forme de harcèlement médiatique que les esprits chagrins pourraient assimiler à de la petite délinquance…. A lui seul, le chef de l'Etat pourrait, sans difficultés, saturer un « fil d'actualité » : « Il submerge ses contradicteurs par une occupation constante de la scène médiatique, si bien que sa parole prend le dessus »

                        Espérons que nos amis journalistes rentreront eux aussi en résistance


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